
Depuis quelques années, la cuisine n’appartient plus seulement aux passionnés derrière leurs fourneaux ou aux chefs étoilés. Les cuisines domestiques comme les brigades professionnelles accueillent petit à petit de nouveaux « commis » un peu particuliers : les intelligences artificielles.
Au début, elles servaient presque comme un moteur de recherche amélioré, en suggérant des recettes selon nos envies. Mais aujourd’hui, elles sont capables de scanner le contenu d’un frigo, d’imaginer des alliances improbables ou même de surveiller une cuisson avec une précision presque chirurgicale. Ce qui paraissait gadget devient une pratique réelle dans pas mal de foyers, et même dans certains restaurants. La bascule est intéressante : on ne parle plus seulement de recettes automatiques, mais d’une manière différente de concevoir l’assiette. Entre l’idée d’un futur pratique et la crainte d’une cuisine trop robotisée, ce nouveau compagnon ne laisse personne totalement indifférent.
Une cuisine plus créative… mais très encadrée
L’argument le plus mis en avant est sans doute la créativité. Ces systèmes brassent des milliers de combinaisons et osent mélanger des ingrédients que personne n’aurait pensé associer. Et parfois, le résultat est bluffant. Pour celles et ceux qui jonglent avec peu de temps ou un placard presque vide, voir surgir une recette inédite à partir de trois restes, c’est presque magique. L’IA pourrait par exemple proposer des desserts originaux, en se servant des recettes de Chocolats de Noël.
Mais soyons honnêtes : toutes les suggestions ne sont pas à la hauteur. Certaines recettes sont techniquement possibles, certes, mais elles manquent souvent de ce « petit supplément d’âme » que seuls les souvenirs ou l’instinct culinaire apportent.
Cela révèle une réalité : l’IA ne goûte pas, n’a pas de mémoire sensorielle, et c’est peut-être là sa limite. Finalement, les meilleures expériences naissent quand l’humain garde la main et l’intuition culinaire, tandis que la machine pousse l’imagination ailleurs. C’est un duo, pas un remplacement.
Vers une cuisine durable et optimisée
Si l’on sort du terrain de la créativité, l’intelligence artificielle s’invite aussi sur celui, plus terre-à-terre, de l’organisation. Ces outils peuvent calculer les quantités idéales pour éviter le gaspillage alimentaire et optimiser l’usage des ingrédients. Dans les restaurants, cela se traduit par des économies visibles ; dans les foyers, par une impression de simplicité retrouvée : moins de restes qui traînent, moins de courses inutiles.
L’impact écologique joue en sa faveur, puisque réduire le surplus signifie aussi alléger l’empreinte carbone. Pourtant, tout n’est pas si idyllique. Derrière la promesse d’une cuisine intelligente se cache un besoin de données, parfois très personnelles : préférences alimentaires, habitudes, voire informations de santé.
Cette intrusion peut inquiéter, surtout quand on parle d’alimentation, un domaine aussi intime. Alors oui, l’IA rend la cuisine plus rationnelle et plus durable, mais elle redessine aussi la manière dont on vit nos repas, moins spontanés peut-être, davantage structurés.

Vincent est un passionné de la technologie et plus particulièrement de l’intelligence artificielle.
Sa formation d’ingénieur en électronique et sa passion pour l’écriture se combinent pour donner naissance à Minderlist.
Minderlist est une plateforme qui rend l’information sur la technologie accessible à tous.